La comparativite aiguë
Publié par nicolas2305 dans Divers le 18 décembre 2010
Ce matin, dans La Presse, en quelques pages je suis tombé sur deux lettres ouvertes. L’une venant de la Fédération des Médecins Spécialistes du Québec (FMSQ) et l’autre de la Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain (CCMM). Ces deux lettres, la première signée du Président de la FMSQ et la seconde pas signée du tout, ont en commun une forme de comparativite aiguë. Par là j’entends l’argumentation basée sur ce qu’un tel et un autre tel a fait ou n’a pas fait, j’irais même jusqu’à dire le besoin de se comparer.
Cette tendance à se comparer n’affecte pas seulement les dirigeants de ces deux organisations, mais bien l’ensemble du Québec. Ce n’est pas la première fois que des articles, lettres, etc. font mention d’une forme ou une autre de comparaison. Je ne dis pas ici que la comparaison est fondamentalement mauvaise et ne devrait être jamais utilisé, mais bien qu’elle devrait être appliquée avec jugement et parcimonie. Les arguments ne s’en retrouveront que plus frappants.
La comparaison avec l’autre
La comparaison la plus facile, contrairement à celle faite avec soi-même, est faite avec le voisin (l’autre), c’est donc plus beau chez eux. D’un point de vue philosophique, certaines comparaisons sont purement sophisme. L’exemple le plus flagrant que j’ai sous la main est dans la lettre de la CCMM où il est écrit : « Il [le Québec] assume 68 % de leurs [les universités] couts de fonctionnement, contre 53 % dans le reste du Canada. » Vous noterez ici un appel clair à la majorité que forment les autres provinces canadiennes, je n’irai pas dans le détail des pourcentages mentionnés tirés de données obscures, car ce n’est pas l’objectif ici.
J’en consens qu’il est impossible de construire une comparaison basée sur des arguments fiables et justes en une seule phrase, c’est pourquoi je suggère une élimination totale de la comparaison facile avec la simple mention de l’autre sans en tirer tout le bagage afin d’en faire l’analyse et la comparaison la plus juste possible.
Le Québec et la comparaison
Au Québec, nous sommes différents et nous sommes fiers de l’être. Nous sommes fiers de souligner, parfois trop, notre combat constant pour conserver notre culture et notre langue. L’excès se situe ici sur la mention des efforts effectués et non les efforts eux-mêmes, nous avons tendance à trop souligner peu d’efforts. Cette différence, cette unicité qui contrastent avec le reste de l’Amérique du nord comme un point blanc sur une carte noire, nous devons la garder. En se comparant constamment avec le noir qui nous entoure, le contour défini de notre point blanc vient à se brouiller pour devenir une transition grise se rapprochant constamment de notre centre encore immaculé. Au rythme des comparaisons, le point blanc que nous sommes ne sera qu’une masse grise sur la même carte noire.
Le point que je veux apporter ici est que de regarder chez l’autre n’est pas nécessairement mauvais, il s’agit d’utiliser ce regard afin de mieux se définir par rapport à l’autre plutôt que d’essayer de l’imiter. Soyons fiers du tournant socialiste que la société québécoise a pris, soyons fiers de notre lanque et notre culture et continuons à évoluer à contre-courant s’il le faut, car c’est ce que nous sommes et ce que nous devons rester.
La comparaison, oui, mais…
La manière et avec qui on compare sont très important. Je crois qu’en tant que personne, organisation et société il est tout à notre avantage de se comparer avec soi-même afin de toujours progresser en gardant en tête nos origines. Le regard vers l’autre, que certains peuvent voir comme une comparaison, ne devrait être utilisée uniquement pour mieux se définir par rapport à son entourage et non faire comme eux. La différence doit, mais pas à tout prix, être un objectif.
Les lettres de la FMSQ et la CCMM se trouvent respectivement aux pages A19 et A29 de la presse du samedi 18 décembre.
Pourquoi “Le cri du savant”
Publié par nicolas2305 dans Divers le 24 octobre 2010
Bonjour à tous,
Je désirerais tout d’abord vous souhaiter la bienvenue sur mon tout nouveau blogue et vous inviterais à être indulgents envers cette première tentative d’ouverture de ma part. Le cri du savant est issu d’un processus long de ma part.
À pareille date l’an passé je commençais tout juste à Twitter malgré le fait que j’y étais abonné depuis longtemps et que je suivais déjà une cinquantaine de “personnes” ou entités. Au courant des tweets je me suis rapidement rendu compte que la plateforme, quoiqu’exceptionnelle pour déterrer LA nouvelle du moment partager ses découvertes, en l’absence d’un blogue, est rapidement devenue insuffisante pour mes besoins de communications. À plusieurs reprises, je me suis retrouvé devant le besoin d’exprimer une opinion ou une observation, mais sans médium pour la véhiculer.
L’élément déclencheur m’ayant finalement mené à la rédaction d’un blogue est la lecture de la réponse de Kant à la question “Qu’est-ce que les Lumières?” (Lecture fortement suggérée). Au risque d’en fâcher quelques-uns, je me suis approprié quelques éléments du texte, dont le concept de savant (rien à voir avec les sarraus blancs) dans la société sur lequel j’ai basé le titre de mon blogue. Selon mon interprétation de Kant, le savant est celui qui, dans la société dans laquelle il évolue, se dépouillera de la tutelle de son rôle social afin de penser librement et faire un usage public de cette pensée dite libre. La raison principale pour laquelle le savant doit se dépouiller de la tutelle de son rôle social est qu’à l’intérieur de cette tutelle il se doit de suivre des règles édites par un supérieur ou “l’ordre social” et ce devoir n’est pas dicté simplement par une hiérarchie, mais aussi par le besoin de maintenir la structure sociale actuelle et éviter le chaos. Ainsi, le savant, afin de penser librement et faire un usage public de cette pensée, se dépouillera de son rôle social, car c’est à ce moment qu’il pourra penser librement et faire un usage public de cette pensée sans risque de causer le désordre dans la société dont il fait partie.
Si vous êtes passés à travers le léger exercice philosophique que je viens de vous imposer, vous comprenez désormais un peu plus l’intention derrière la création de ce blogue. Il contiendra tout ce que je juge pertinent de partager. Cela a pour effet que les billets y seront irréguliers et c’est pourquoi je vous invite à me suivre sur Twitter afin d’être tenu au courant lors de l’arrivée de nouveaux billets.
Je veux communiquer ma pensée en tant qu’humain dépouillé de tout âge, genre, statut social et profession.
Je veux communiquer ma raison librement.